Bonjour à vous tous,
Aujourd'hui j'ai quitté le Tarn et Garonne noyé sous les crues et j'ai retrouvé les rondeurs voluptueuses si caractéristiques des paysages Gersois, mais toujours noyées sous l'eau des rivières.
Hier entre Moissac et Auvillar le GR était impraticable, soit parce que c'était un bourbier désespérant et épuisant, soit parce que en grande partie noyé sous les débordements de la Garonne et autres rivières. J'ai donc suivi le canal des deux mers, qui longe sur des km d'abord le Tarn puis la Garonne, les yeux rivés sur la cime des immenses platanes qui le bordent pour m'assurer qu'une branche n'allait pas tomber sous les coups de butoir du vent et me fracasser le crâne. Ce qui n'est pas arrivé ☺.
Puis après maintes tentatives sans succès et de nombreux allers et retours pour trouver un chemin, à partir de Valence d'Agen j'ai dû me résigner à emprunter la Départementale D11 pour rejoindre ma destination à Auvillar. Il me restait environ 5 km.
Et c'est là que ça s'est compliqué. Dans un dernier baroud d'honneur, l'arrière garde de Nils a décidé de frapper et de frapper très fort. C'est une horde sauvage de vents et des cataractes de pluie qui se son abattues sur le secteur et sur moi.
Me voyant si misérable, une première automobiliste m'a proposé de monter dans sa voiture, j'ai décliné pensant que je pouvais faire face. Puis une deuxième s'est arrêtée pour me prendre. J'ai encore décliné la proposition. Puis une troisième voiture s'est arrêtée. J'allais encore stupidement refuser quand le conducteur m'a crié par la fenêtre de monter de suite et que de toute façon il ne repartirai pas avant que je monte. Je suis donc monté dans sa voiture. Comme quoi, exprimée fermement, l'autorité fonctionne encore!
A peine il avait redémarré il m'a dit :"je suis un ancien légionnaire et ancien des forces spéciales, on n'abandonne jamais un homme derrière nous." Voilà, c'était dit et c'était clair!
J'ai donc juste répondu "Ok, soldat, copy". Puis il m'a parlé des Balkans, de Sarajevo, de la Croatie, etc. et m'a conduit au gîte où j'avais réservé. Mission accomplie, le soldat Fumat était sauvé.
Et c'est pourquoi c'est Nils qui a gagné.
J'avais tenu le bras de fer pendant environ 20 km, mais dans les cinq derniers j'ai dû mettre genou à terre et rendre les armes, je n'ai pas pu terminer mon étape du jour. Nils, elle, a rendu son dernier souffle en fin d'après-midi.
Et pour en finir avec la rubrique Portraits, c'était la seconde fois que je rencontrais un ancien légionnaire. La première était deux jours plus tôt un peu avant Lauzerte. Nous avons longuement discuté, il m'a parlé des Balkans et nous avons fini par découvrir que nous étions tous les deux tombés "amoureux" d'un pays, la Serbie.
Lui dans les années 90 avec un fusil d'assaut et moi en 2024 sur mon vélo (voir Le bloc de Pierre qui roule, dans la rubrique Mon profil).
Et enfin quelques photos,







Merci pour ces nouvelles rassurantes à quand le passage en Vic Bilh ?
RépondreSupprimerMerci Bernard. Tu peux trouver le calendrier de mes futures étapes dans la rubrique "Mon projet/Itinéraire". En principe je devrais arriver en terres Béarnaises le 19. A bientôt.
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